Wanderhome, séance zéro – Douceur et plénitude

J’écris cet article pour extérioriser la meilleure soirée JDR de ma vie qui est le début d’une longue série. Il y a quelques semaines de cela, je me suis faufilé·e dans le serveur Discord C’est Pas du JDR pour y chercher une partie avec des personnes bienveillantes dans des univers que je n’aurais l’occasion d’essayer ailleurs. J’ai rapidement trouvé mon bonheur quand Fingolfin a proposé du Wanderhome, jeu de rôle que j’avais vu passer un peu partout et qui avait attisé ma curiosité.

D’autres personnes se sont vites manifestées, formant une table de 4 joueureuses et un guide : Le Canard Vert, Nephtalie, Saega, notre guide Fingolfin et moi.

 

 

 

Récapitulatif des joueureuses et de leurs personnages :

Éden (moi) : Corentin le Capucin, Galopin (il)

Le Canard Vert : Zed le Ratel, Vagabond (il)

Nephtalie : Caillou la Tortue, Berger (il)

Saega : Pyrite la Renarde, Danseuse (elle)

 

Qu’on se le dise, les séances zéros sont épuisantes, voire ennuyeuses : lecture de règles souvent compliquées à assimiler, création de personnage chronophage, etc. Dans Wanderhome – comme je l’ai vécu – cela a été un réel plaisir.

Et aujourd’hui, je vais nous narrer ce début d’histoire.

 

Avant tout : Wanderhome, qu’est-ce que c’est ?

 

Nous nous trouvons dans un monde anthropomorphe, sortie de guerre, dans une atmosphère d’entraide et d’hospitalité.

C’est une ode au voyage, à l’errance et à l’imaginaire que nous ressentons dès les premières minutes de jeu, et même dès l’avant-jeu.

 

Wanderhome un jeu de rôle Belonging Outside Belonging (c’est-à-dire un jeu sans dés et sans MJ où l’on crée ensemble le Cadre et la Communauté dans lesquelles nos personnages vont se développer) où la bienveillance et le soutien collectif se ressent jusqu’aux règles de jeu. Il a été écrit par Jay Dragon, et nous avons la chance en France d’avoir la traduction du Kit de Découverte, sortie sur la page itch.io de l’incroyable Melville (et pour l’anecdote : Fingolfin, notre Guide pour cette campagne, est l’un des traducteurs de ce kit !).

 

Crédit : Wanderhome – Jay Dragon

 

Notre troupeau

Compagnons de route depuis X temps, cela fait un moment qu’iels voyagent ensemble.

Dans cette troupe, nous retrouvons Caillou la Tortue. Tortue troisième âge, il est berger et (ex-)grand membre de la guilde des bergers dont il a égaré le bandeau. Toujours pipe au bec – ou son appeau qui traîne sur son torse quand ce n’est pas dans sa bouche -, son vieux chapeau sur la tête et ses multiples couches de vêtements. Avec lui s’accompagne son petit essaim de bourdons, dont Bisou le jeune bourdon trop bruyant, Tiny l’aventureux et Brillant son chouchou secret qui dort toujours prêt de lui. Le soir, il aime chantonner une vieille chanson de berger que sa mère lui a apprise quand il était enfant. C’est une personne drôle malgré son tact à rude épreuve, souvent pressé ce qui faiblit sa concentration. Il a eu un passé morne, obligé de rester enfermé dans les montagnes pour ne pas subir la guerre. Maintenant finie, il peut enfin voyager, avec comme rêve secret de voir la mer.

Il y a aussi Zed, le ratel vagabond mystérieux ayant subi la guerre de plein fouet qu’il a déserté. Il est menteur et voleur – et l’assume ! -, ayant commis des crimes comme le vol d’argent. Toujours vêtu de son long manteau noir et de son foulard qui dissimule son visage, on entend sa bourse cliqueter quand il marche. Il garde toujours prêt de lui une orchidée rose – symbolisant la rébellion – seul objet qu’il n’a pas volé. Zed cache ses petits secrets, comme celle de son ombre qu’on semble avoir dérobée. Distant et impassible, ce ratel cache une grande sensibilité et un attachement au groupe qu’il exprime en les défendant avec sa repartie acérée et son gnon foudroyant.

Ensuite, Pyrite : la renarde danseuse mélancolique et douce. Elle a quitté son village avec le seul qui a voulu la suivre, Sambo, un petit écureuil albinos qui se cache derrière sa belle écharpe longue dont elle prend soin. Elle est enjouée et généreuse, rêvant d’être charismatique et plus optimiste. Quand elle danse, sa belle robe aux couleurs couchées de soleil, virevolte avec sa cape parsemée de champignons lumineux. Elle connaît plusieurs danses qui apaisent, encouragent et créent des liens, mais elle a voulu oublier celle qui rappelle le passé et médite sur l’avenir. Dans son sac à dos, elle garde toujours des collations pour les créatures amicales, ainsi qu’un collier de jade venant de son village.

Enfin, l’enfant du groupe : Corentin. Il est un sale gosse amical et malin, muni de bretelles qui maintiennent son pantalon trop grand. Toujours avec son épée en bois et son petit bâton pour taquiner ses amis, et son masque d’un visage terrifiant pour surprendre avec candeur. Voyageur, il a appris que le monde est plus grand que ce que l’on peut imaginer. Il refuse de croire que toutes les histoires sont des mensonges. Orphelin, il a appris que tout doit mourir un jour, mais refuse qu’on puisse lui faire du mal sous aucun prétexte. Il cache un petit secret : celui d’entrevoir brièvement l’avenir, ce qui lui permet d’éviter les gros bobos suite à ses bêtises.

Chacun a créé du lien dans le groupe. Pyrite surnomme Corentin la « tête à câlin » et adore regarder les étoiles avec lui jusqu’à l’aube. Ce petit sans famille prend d’ailleurs Caillou pour son grand-père, chose qui effrayait de vieillard avant d’y prendre goût. Les deux expriment leur confiance par des gestes doux : Corentin a avoué son secret tandis que Caillou lui confie son troupeau de bourdons pour le responsabiliser. Tout comme Zed qui se sent comme une famille au sein du troupeau – sans jamais l’avouer – et considère beaucoup la tortue, seul ayant voulu partager son pain avec lui. Comme toute famille, les relations peuvent parfois être tendues, comme Zed et Pyrite, dont cette dernière se sent attaquée par la froideur du vagabond, surtout qu’il refuse de danser avec elle (même si, secrètement, il aimerait accepter un jour) !

 

Partir à l’aventure

Suivant un ruisseau transformé en rivière, passant de montagne à pleine, longeant les forêts de pins, les aventuriers ont un but : rejoindre La Cordillère de La Lande.

Terre connue pour son grand exploit de réaliser la plus grande tyrolienne traversant un long ravin. Ce ravin est connu pour sa légende parcourant les régions : une étoile serait tombée du ciel, créant le début du trou béant. On raconte également que les « sculptures » humanoïdes semaient un peu partout seraient en réalité les corps pétrifiés des personnes ayant vu l’étoile.

La tyrolienne fait plusieurs mètres s’enfonçant sous terre, protégée par des pigeons d’outre-terre. Elle est aussi gardée par un curieux péage qui apprécie de taxer les touristes. On raconte qu’au bout de la tyrolienne se cache une étrange créature.

La Cordillère de La Lande n’est pas au bout de ses prouesses : elle est également connue pour ses cordes d’une grande qualité, forgées par des souris aux grandes oreilles dont la ressource vient de vers de soie qui – une fois transformée en magnifique papillon – prennent soit de leur fil comme si c’était leur fils. On raconte qu’ici a été formée une corde sans fin, qui serait en réalité la fameuse tyrolienne. 

Oui, on raconte beaucoup de choses à La Cordillère de La Lande, mais on y chante beaucoup également. Des chamois aux robes gris-bleus chantent pour les travailleureuses des lieux. 

Mais on se méfie aussi des lieux : cette colline gigantesque serait surveillée par une organisation dangereuse…

 

C’est ce lieu riche en légendes que Zed, Caillou, Corentin et Pyrite vont visiter et vivre un voyage palpitant. Le temps y est chaud la journée, fraîche la nuit, période où la tranquillité et les siestes sont les bienvenues : c’est la saison Respirante, lors du Portillon. À la fin du mois, nous célébrons Le Bal à la Lune  

 

Crédit : Wanderhome – Jay Dragon

 

Mon ressenti de rôliste

Je ne me suis jamais sentie autant à l’aise, apaisé·e et en sécurité sur une table de jeu de rôle (alors que je joue avec des personnes que je ne connais pas !). Je pense que je vais vivre la meilleure des vies dans ce jeu de rôle, mais surtout avec cette table.

On l’oublie rapidement, mais le jeu de rôle ne fait pas tout : la composition de la table – avec qui nous jouons – est très importante. Et ce soir-là, je me suis rendu·e compte que c’était un élément primordial avant même de commencer une partie.

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