Shakirôle : convention de jeux de rôle alternatifs

Les 6 et 7 juin 2026 se tenait la première édition de Shakirôle, une convention dédiée aux jeux de rôle alternatifs organisée au Shakirail, dans le 18e arrondissement de Paris.

Après un OctoGônes particulièrement intense et alors que je traînais encore un peu de fatigue, j’ai choisi de ne passer que quelques heures sur place le samedi après-midi pour découvrir la convention, retrouver des connaissances et voir ce que donnait ce projet dont j’avais entendu parler depuis plusieurs mois.

J’avais déjà eu l’occasion de visiter le lieu en mars dernier. Le voir prendre vie à l’occasion d’une convention de jeux de rôle était une expérience assez différente et particulièrement agréable.

LE SHAKIRAIL

Avant même de parler de la convention, il faut parler du lieu.

Le Shakirail est un lieu culturel et solidaire installé depuis 2011 dans un ancien site SNCF désaffecté du 18e arrondissement de Paris. Ancien vestiaire de cheminots et centre de formation ferroviaire, il a été investi par le Collectif Curry Vavart afin d’en faire un espace partagé destiné aux artistes, associations et projets culturels.

Ateliers, salles de répétition, bureaux associatifs, jardins partagés, espaces de création, recyclerie… le lieu accueille aujourd’hui une grande diversité d’activités et plusieurs milliers de personne chaque année (artiste comme visiteur ou personne se formant à un art).

J’avais déjà beaucoup apprécié la visite réalisée quelques mois auparavant. Le découvrir cette fois transformé en convention rôliste était encore plus intéressant. Le Shakirail possède une identité très forte et apporte immédiatement quelque chose de différent par rapport aux salles polyvalentes ou centres de congrès que nous fréquentons habituellement.

En savoir plus sur le lieu

CONVENTION

D’après ce que l’on m’a raconté, l’idée de Shakirôle serait née lors d’une discussion entre Caroline Derniaux (Artiste résidente au Shakirail) et Côme Martin (du rayon alternatif) à OctoGônes 2025. Quelques mois plus tard, le projet était devenu réalité.

Autour de l’organisation, on retrouvait notamment le Shakirail, les Éditions Débord de Missel, le collectif du Rayon Alternatif et Opale Rôliste, dont le réseau de parties en médiathèques et les soirées Naïades ont largement contribué à faire connaître l’événement.

Lorsque je suis arrivée, la table ronde du samedi touchait à sa fin. J’ai immédiatement retrouvé plusieurs connaissances. Comme souvent dans le jeu de rôle, le monde est finalement assez petit et les occasions de recroiser des personnes déjà rencontrées ne manquent pas.

La convention restait volontairement à taille humaine. L’espace principal accueillait plusieurs stands d’éditeurs, d’auteurs et de collectifs.

Le Rayon Alternatif disposait naturellement d’un stand, tout comme les Éditions Débord de Missel, maison d’édition qui revendique avec humour la publication de « textes sacrés ».

À eux seuls, ces deux stands proposaient déjà de nombreuses découvertes. Je connais d’ailleurs quelques personnes qui n’ont pas résisté longtemps avant d’acheter un jeu puis de s’installer immédiatement à une table pour le tester.

On trouvait également d’autres stands consacrés au jeu de rôle indépendant, un projet de financement participatif, ainsi qu’un espace dédié à Mysteria 1920 (en Crowdfunding en ce moment).

La circulation était fluide, l’ambiance détendue et la taille du lieu permettait de passer facilement des stands aux espaces de jeu ou à la buvette. Cette dernière proposait boissons et rafraîchissements, mais pas de restauration. Un détail finalement peu gênant puisque le Shakirail se trouve en plein Paris, avec de nombreux commerces à proximité.

ANIMATIONS & COPAINS

Je me suis volontairement peu aventurée dans les espaces de jeu afin de ne pas déranger les participants. Toutes les tables semblaient cependant bien remplies et l’organisation avait eu la bonne idée de conserver quelques places pour les visiteurs arrivant sur place sans réservation.

J’ai surtout observé les parties se déroulant à l’extérieur, profité du beau temps et pris quelques photos des stands et du lieu.

L’un des éléments qui m’a le plus intéressée était l’exposition présente sur place. Pour une fois, elle ne portait ni sur l’histoire du jeu de rôle, ni sur un jeu en particulier. Elle mettait en avant des illustrations issues de différents jeux et le travail des artistes qui les ont réalisées.

Une initiative que j’ai trouvée particulièrement pertinente. Les illustrations participent énormément à notre imaginaire de joueur, mais le travail des illustrateurs est parfois éclipsé derrière les systèmes, les univers ou les auteurs.

J’aurais tout de même aimé voir des brouillons d’écriture d’auteurs présents également. J’ai l’impression que beaucoup de rôliste ne réalisent pas qu’on commencent tous quelque part lorsqu’on écrit un JDR.

Pour le reste, j’ai surtout passé l’après-midi à discuter. Entre les retrouvailles, les projets en cours, les découvertes et les conversations improvisées à l’ombre, les quelques heures prévues sur place sont passées très vite.

Je serais incapable de citer toutes les personnes croisées ce jour-là, sinon je passerais mon temps à poser le nom de tout le monde dans mes notes pour l’article.

Comme souvent dans les petites conventions, ce sont surtout les discussions qui restent en mémoire : les retrouvailles avec des connaissances, les échanges avec des auteurs, des organisateurs, des bénévoles ou simplement des visiteurs venus découvrir l’événement.

En conclusion ?

Je n’ai finalement joué à aucune partie et je suis repartie sans véritable craquage côté achats. Il faut noter que j’ai déjà pas mal de référence proposées en papier et pdf. 

Shakirôle m’a laissé l’impression d’un événement chaleureux, porté par des personnes investies, dans un lieu qui apporte une véritable identité à la convention : une oasis en plein milieu de Paris. L’ambiance était détendue, les espaces agréables et à taille humaine pour favoriser les rencontres et les échanges.

Pour une première édition, le pari me semble réussi. En espérant que cela soit la première d’une longue série car on manque d’évènements sur le bassin parisiens. 

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