Quelques mois seulement après l’édition précédente, OctoGônes revenait déjà pour une nouvelle édition. Changement majeur : la convention quittait le Double Mixte pour s’installer à Eurexpo (Chassieu).
Un nouveau lieu, une nouvelle aventure et une nouvelle manière d’aborder la convention pour faire jouer du Cats! et voir les copains. Ce qui n’a clairement pas changé, c’est que c’était toujours un weekend bien chargé.
PRÉPARATION
Cette année encore, j’ai choisi de varier les plaisirs en proposant plusieurs aventures. Après Kaysersberg ou j’ai majoritairement fait tourné un seul scénario, qui marche assez bien, j’ai un peu regretté au début de ne pas avoir mis uniquement mon nouveau scénario Le Vœu du Bakeneko, mais je suis finalement très contente d’avoir conservé plusieurs propositions.
J’ai également découvert que les créneaux de la fosse étaient de 3h30 depuis quelques éditions. Pour moi qui suis habituée au format 2h en convention, cela me paraissait trop long.
Finalement, je suis partie sur une durée d’environ 2h30, avec la possibilité d’adapter le rythme selon les tables. Une excellente décision : cela nous a permis de prendre davantage le temps d’expliquer les règles, les talents et l’univers et de varier les parties entre 3h et 3h30 au final.
Le début des inscriptions aux parties pour les joueurs ont été super impressionnantes. Plus de 900 places sont parties en moins de 6 minutes et les parties de Cats! ont disparu en trois ou quatre minutes. Quelques places se sont libérées ensuite, mais la plupart des joueurs ayant réussi à obtenir leur siège s’y sont accrochés jusqu’au bout.
Les derniers préparatifs ont été plus mouvementés que prévu. Entre les réimpressions de documents, la refonte de mes classeurs la veille du départ, j’ai oublié d’imprimer les nouvelles fiches du scénario argentin. Et hop, une pointe de stress juste avant le train du vendredi matin ! Heureusement, une halte stratégique dans une boutique d’impression a permis de sauver la situation.
Côté équipement, mes oreilles de chat, ma queue et les petits stickers souvenirs ont encore parfaitement rempli leur mission. Quant à mon éventail improvisé à partir d’une feuille CATS!, il mérite probablement une mention spéciale dans l’histoire des accessoires de convention.
CONVENTION
Le déménagement d’OctoGônes 2026 à Eurexpo Lyon était probablement le plus gros sujet de discussion avant l’ouverture de la convention.
Le Double Mixte était annoncé comme condamné depuis plusieurs années, mais le bâtiment semble finalement promis à une reconversion en complexe sportif, afin de créer une nouvelle attractivité pour le quartier de Villeurbanne.
Pour OctoGônes 2026, le passage à Eurexpo Lyon a permis de gagner plusieurs milliers de mètres carrés, avec un espace estimé à un peu plus de 17 000 m² contre environ 10 000 m² au Double Mixte.
Le lieu est immense, lumineux et particulièrement agréable. La hauteur sous plafond, les larges allées et surtout la climatisation ont été très appréciées pendant ce week-end de forte chaleur. On respirait mieux que dans certaines éditions précédentes et la circulation semblait globalement plus fluide avec des allées plus grandes.
La première impression est clairement celle d’un lieu plus professionnel. Les halls sont vastes, les espaces nombreux et j’ai même eu l’impression qu’il y avait davantage de stands de jeux de rôle, d’illustrateurs et de figurines que les années précédentes.
Le principal défaut reste néanmoins l’accès. Sur le papier, Eurexpo est bien desservi. Dans la pratique, plusieurs visiteurs et exposants ont rapidement pointé les temps de trajet et les correspondances parfois pénibles depuis la gare Part-Dieu. C’est probablement le point qui est revenu le plus souvent dans les discussions du week-end, d’autant plus qu’il y a à minima 2 changements avec des temps d’attente d’environ 6 à 9 minutes minimum entre deux.
Un autre bémol plus personnel, c’est la facilité à s’orienter dans la convention. J’ai mis un temps étonnamment long à retrouver certains stands que je cherchais pourtant en priorité. La signalétique ne permettait pas toujours de savoir dans quel espace on se trouvait. Hormis le plan assez compliqué sur le site web, des plans papiers distribués et des panneaux « vous êtes ici » n’auraient pas été de refus pour cette nouvelle édition.
À l’inverse, même si je n’ai pas pu tout voir, j’ai apprécié l’ambiance qui se dégageait de cette première édition à Eurexpo.
Les food trucks avaient un espace avec une food court au milieu juste à l’extérieur, le système de jetons pour les boissons à la buvette, on sent qu’il y avait une meilleure organisation. Entre deux parties, j’ai pu tester un bobun particulièrement réussi, même si je garde déjà en tête une mission essentielle pour l’année prochaine : goûter enfin les mochis glacés.
Côté exposants, organiser OctoGônes 2026 seulement huit mois après l’édition précédente n’était pas forcément l’exercice le plus simple quand la période a déjà beaucoup d’autres évènements importants pour présenter les nouveautés.
Un autre point, c’est le prix du billet visiteur qui a augmenté de 20 % et les tarifs pour les stands de 30 % d’après les quelques échos que j’ai eus.
Si certains éditeurs ont réussi à maintenir une bonne cadence de vente, la plupart des stands ont enregistré une baisse de leurs ventes comprise entre -15 % et -40 % par rapport à 2025.
La place laissée par l’ancienne date d’OctoGônes ouvrira sûrement de nouveaux horizons pour d’autres conventions afin de devenir des points relais des futures nouveautés à venir chez les éditeurs. Quant à OctoGônes 2027, il reste à voir si ces derniers pourront maintenir un planning aussi chargé de conventions. Des choix seront sûrement à faire.
Pour les plus curieux, si vous cherchez où poser vos pattes pour jouer, voici quelques futures conventions dont j’ai déjà pris connaissance pour 2026 :
– Festival en jeux (Court Saint-Etienne, Belgique ) : 3-4 Octobre 2026
– Festival Wyrd (Pantin – proche Paris en métro, France) : 11 octobre 2026
– Utopiales (Nantes, France) : 29 octobre au 1er novembre, principalement science fiction mais un bon pôle JDR.
Et pour terminer, je n’ai pas looté grand-chose sur cette convention :
- un livre de base Cats! à faire signer pour une de mes joueuses ;
- le collector d’Atlantide (le seul collector que je n’avais pas) que j’ai pu faire signer par son autrice ;
- une impression d’un dessin de chats et de nourriture que j’ai trouvé très drôle ;
- une commande pour le fameux défi du « Chat cyclope noir », une petite lubie que je traîne depuis plusieurs années ;
- et des éco-cups. Oui, on peut dire que c’est du loot vu que j’en ai pris quatre au final (mon cher et tendre n’est pas forcément ravi de ma nouvelle lubie et de mon stock d’éco-cups). ^^
PARTIES DE JDR
Après 4 ans sur le stand de Black Book Editions, me revoici dans la fosse pour mes parties. Les seules fois où j’avais mené en fosse, c’était en 2017 avec l’association Opale Rôliste et en solo mj, au retour du covid en 2021.
Si vous comptez bien, c’était donc ma 7ème édition et désolée de vous décevoir, je n’ai toujours pas l’âge de raison. 🙂
Initialement, j’avais enregistré seulement quatre parties sur Conventions Rôlistes. Cependant, après une discussion avec le pôle JdR, qui m’a confirmé que Cats! était très demandé et continuait d’attirer beaucoup de monde, j’ai finalement ajouté une cinquième table.
Mon syndrome du MJ et moi, on ne peut pas résister à l’envie de faire jouer. Je ne suis probablement pas la seule dans ce cas de figure, mais lorsque je suis en convention, je me plains de ne pas avoir assez de temps pour les stands, cependant je ne peux pas résister à une nouvelle table et je me plains du manque de temps dans les stands comme du fait qu’il n’y a plus personne à faire jouer après la fin d’une convention. Vous avez un nom pour ça ?
Cela m’a aussi permis de mener à bien une mission d’une importance capitale : obtenir la table numéro 4 (et devenir un même). Qui dit Cats, dit cat ou quatre. Parce qu’il faut parfois défendre les causes importantes … comme les plus absurdes. 😉
Après quelques négociations parfaitement raisonnables – ou du lobbying acharné selon les versions – j’ai finalement réussi à jouer tout le week-end sur ma table fétiche n°4. Si certains cherchent à devenir des légendes du jeu de rôle en écrivant des campagnes mythiques, moi j’ai choisi la voie du même de convention auprès du Pôle JDR (que vous pourrez observer plus bas).
Au total, j’ai fait jouer trois fois Le Manuscrit à 7 vies, une fois La Ferme du Père Moreau et une fois Le Vœu du Bakeneko.
Le scénario argentin continue de me surprendre. Lors de la première partie, les joueurs ont tout simplement décidé de faire exploser mon bar de La Boca. C’était une première. Je ne l’avais absolument pas vu venir et j’ai beaucoup ri devant tant de créativité. Une autre joueuse est même allée récupérer une pièce dans une fontaine pour satisfaire la lubie kleptomane de son personnage, ce qui m’a pris complètement au dépourvu.
La deuxième table a confirmé une tendance déjà observée : mes joueurs sont beaucoup trop intelligents pour mes pauvres PNJ. La course-poursuite fonctionne toujours aussi bien, mais ils ont trouvé des solutions particulièrement ingénieuses pour contourner certains obstacles. Heureusement, la mafia féline de La Boca a tout de même réussi à provoquer quelques beaux fous rires.
Le Vœu du Bakeneko poursuivait quant à lui sa phase de test. Malgré mon stress lié aux fiches de personnages (je ne les avais pas imprimées et m’en suis rendu compte sur place), la partie s’est très bien déroulée. Les joueurs ont évidemment passé une partie du temps à faire n’importe quoi – ce qui est généralement bon signe dans CATS! – mais les échanges avec le PNJ principal ont très bien fonctionné. Pour un quatrième playtest, je suis plutôt rassurée même s’il reste encore quelques ajustements à effectuer et beaucoup de parties à faire avec pour bien le travailler.
Enfin, La Ferme du Père Moreau m’a offert le plaisir de retrouver Merlyn, avec qui j’avais déjà joué il y a une dizaine d’années sur Paris. Les joueurs ont parfaitement incarné leurs chats-espions infiltrés et nous avons pu développer davantage certaines parties du scénario encore peu testées. Entre les images, les ambiances et mes imitations d’animaux de ferme probablement discutables (vous aimez les cris de dindons ?), le voyage semblait réussi.
Au-delà des scénarios eux-mêmes, j’ai surtout apprécié le changement de rythme. Après les neuf parties de deux heures en 2025, ces créneaux plus longs ont apporté un vrai confort auquel je commence à prendre beaucoup trop goût. J’ai joué donc seulement un peu plus de 16h cette fois mais en temps long. Les joueurs comprenaient mieux leurs personnages, osaient davantage de choses et les parties gagnaient en fluidité.
C’est probablement ce qui me plaît toujours autant dans Cats! La mascarade : cette capacité à laisser les joueurs faire absolument n’importe quoi pendant dix minutes avant qu’ils ne décident soudainement de prendre leur mission très au sérieux.
Et honnêtement, voir les joueurs trouver des idées auxquelles je n’aurais jamais pensé reste l’une des principales raisons pour lesquelles j’aime autant faire jouer ce jeu. Devenir l’observatrice d’une série qui part à volo à n’importe quel moment. ^^
RENCONTRES & COPAINS
Avec une partie supplémentaire au programme, je n’ai pas eu le temps de voir tout le monde autant que je l’aurais voulu. Avant qu’on me pose la question, je n’organise jamais de Meetup lors de cette convention, parce que l’évènement regroupe déjà assez de personnalités et influenceurs qui lancent des rencontres dans tous les coins.
Pour moi, les rencontres se sont faites au hasard des allées, des pauses repas et des passages éclair sur les stands.
J’ai partagé un Airbnb avec Aranitha, Tlon et Oaugias, ce qui a largement contribué à rendre le week-end encore plus agréable malgré quelques soucis avec ledit Airbnb.
J’ai également pu croiser plusieurs jurés du concours Un Petit JDR (Elwinarque, Lyannah, Jenny, La Moitié, Oaugias, etc.), qui a ouvert ses portes le 11 juin 2026, ainsi qu’une longue liste d’amis, auteurs, bénévoles, organisateurs, exposants et rôlistes rencontrés parfois depuis plus de dix ans.
À chaque fois, j’aimerais tenir une liste des gens que je rencontre pour les remercier, mais ça devient de plus en plus compliqué de citer tout le monde, d’autant plus que j’ai terminé le week-end malade pendant plusieurs semaines (d’ou mon retard pour cet article), donc ma mémoire n’est plus aussi bonne.
Entre deux discussions, quelques achats, plusieurs passages chez Black Book Editions, des retrouvailles inattendues et même une danse improvisée sur un live de Vous êtes le héros, j’ai surtout eu cette impression familière d’OctoGônes : il y a toujours trop de gens à voir et jamais assez de temps.
J’ai même terminé le week-end en rencontrant dans le tram l’ami d’un ami : Alain. Avant de discuter tranquillement avec Scratchy et Emmanuel Gharbi sur le quai de la gare en attendant l’arrivée du train.
Comme quoi, les conventions ne s’arrêtent jamais vraiment aux portes du salon.
En conclusion ?
Cette édition 2026 restera probablement comme celle du grand déménagement.
Eurexpo apporte un vrai gain de confort et d’espace, même si les questions de transport continueront certainement à faire débat. (spoiler : prenez un airbnb sympa et la voiture)
De mon côté, je retiendrai surtout cinq excellentes tables, beaucoup de rires, des joueurs toujours aussi inventifs et la sensation d’avoir enfin pu prendre le temps de faire jouer dans de bonnes conditions.
Et puis, entre nous, obtenir la table 4 presque tout le week-end valait déjà le déplacement. 😉




