Ne prenez aucune bonnes résolutions en 2023 !

En ce début d’année, il est facile de céder à cette célèbre tradition qui consiste à prendre des résolutions en les listant pour mieux s’y tenir. Mais vous êtes vous déjà demander pourquoi il était si compliqué de réaliser tout ce qui se trouve sur votre liste à point ?

Vous êtes nombreux à essayer de relancer la machine à vapeur, comme si la motivation allait s’échapper en un claquement de doigt. Je profite donc de ma série sur les projets pour y insérer un article qui n’était pas prévu initialement, mais qui semble tout à fait pertinent.

Depuis quelque temps, je remarque différentes publications très intéressantes autour des objectifs que l’on se fixe mais également une recherche de sens dans ces derniers. Je tenterais ainsi d’apporter un éclairage sur le titre de ce nouvel article, en condensant ces publications, mes propres réflexions et quelques éléments de recherche. Je ne prétends en aucun cas que cet article sera parfait, mais j’espère qu’il vous inspirera ou qu’il sera matière à discuter avec bienveillance de ce thème.

 

Pourquoi les « bonnes » résolutions ne marchent pas

 

Tout comme vous, les fêtes de fin d’années sont un moment propice à l’interrogation et à la réflexion, et pourtant, je ne prends plus aucune bonnes résolutions.

Saviez-vous que selon une étude en 2007 de Richard Weiseman (Université de Bristol), portant sur 3000 personnes, 88 % des résolutions de l’année échouaient ?

 

 

D’après Jean Doridot, le mot résolution est issu du mot latin Resolutio. Qui veut dire « action de dénouer» ou « action de résoudre ». Il indique également que si on est contraint, cela ne marche pas car c’est ce qu’on appelle la « Psychologie de l’engagement ».

 

Les recherches dans le domaine de la manipulation et de la soumission librement consentie s’appuient sur la notion d’engagement (Kiesler, 1971; Joule et Beauvois, 1987) : les individus s’engagent dans un comportement dont ils auront du mal à s’extraire, même en cas d’échec ou d’erreur. Dans ce cas, on parle d’auto-manipulation, puisque l’individu s’engage et s’enferme lui-même dans un comportement.

Source : Effets-papillons.com

 

Se fixer des résolutions en début d’année peut se révéler alors hautement contre-productif car on a souvent tendance à souffrir d’une boulimie de bonnes résolutions : on écrit des objectifs flous, qui requièrent beaucoup de petites étapes hebdomadaires (voire quotidiennes), avec souvent un sentiment d’urgence sur des situations, des projets ou des habitudes non prises qui ne doivent plus durer.
Il est en réalité extrêmement difficile de mesurer l’implication et l’effort nécessaire à ces objectifs.  Ce serait comme promettre de rédiger un livre en commençant par écrire le titre, sans rédiger le sommaire, les chapitres et le contenu qui vont avec.

 

Mon propre exemple est assez parlant, je pourrais vous conter 1001 résolutions que je n’ai pas tenues mais je vais synthétiser au minimum pour éviter la biographie augmentée.

C’était mon cas jusqu’à l’adolescence. J’écrivais une montagne d’objectifs à résoudre (qui revenaient souvent d’une année sur l’autre) pour me donner bonne conscience et essayer de me motiver, pour finalement m’enfermer dans un cercle vicieux. Moins je tenais de bonnes résolutions, plus je culpabilisais. Et plus je culpabilisais, plus j’avais honte et plus j’essayais de me rattraper en faisant grandir ma pile de choses à faire. Plus toujours plus.

Ayant été scoute, donner sa parole revient à engager son honneur.

« Soyez toujours fidèles à votre Promesse scoute même quand vous aurez cessé d’être un enfant. » (Baden Powell)

 

Je n’avais donc plus d’honneur, plus de parole et je n’avais rien accompli. Je me sentais honteuse car je ressassais en boucle le fait de décevoir tout le monde, moi la dernière. Ma propre satisfaction n’était pas importante et c’est là que j’ai arrêté de promettre des choses,  de peur de m’engager trop vite et de revivre cette expérience.

Ce n’est que quelques années plus tard que j’ai commencé à me fixer des objectifs qui suivent mes envies et mes désirs. Cela ne m’empêche pas bien sûr de faire des todo list chaque semaine, parce qu’en vrai je suis une afficionado de la todo list. Cependant, j’ai appris avec le temps à ralentir, à souffler, à comprendre deux choses très importantes :

+ L’échec est une option valable. Ce n’est ni une fin, ni une fatalité, juste une expérience parmi d’autres.
+ Il y a une vraie différence entre faire beaucoup et bien faire les choses.

 

Et surtout, surtout, que rien ne se fait sous pression ou sans passion.

 

Derrière les résolutions, la recherche du bonheur

 

Pour rappel, la série d’articles que j’écris actuellement sur les projets a démarré grâce au visionnage d’une émission sur Marie Kondo, appelé «L’étincelle du bonheur».

Dans mon premier article « Trier et choisir ses projets JDR », je revenais notamment sur le besoin de constater le temps consacré à des besoins de tous les jours et celui que l’on peut consacrer à des projets. Dans mon deuxième article de cette saga sur les projets, j’introduisais la fameuse phrase « Est-ce que cela m’apporte de la joie ? ».

Quand je me suis lancée dans l’écriture de cette série d’article, mon objectif était de partager une réflexion pour désencombrer et redonner de la couleur aux petits moments qui procurent de la joie. C’était aussi secrètement pour suivre une envie, non un désir profond de renouer avec ce qui m’avait poussé à créer D1000 et D100 : créer des outils et partager mon expérience pour que cela soit utile aux autres.

 

« Si la folie était un grain de sable, je voudrais que ma vie soit une plage » (Mélisande « Kinayla » de Lassence)

 

Ce projet a débuté en Septembre 2021 et j’avais pour objectif de rédiger toute la série d’une traite avant de programmer les articles. Vous faites les maths ?  🙂

J’ai mis plusieurs mois à éprouver moi-même une organisation sur Notion, j’ai fini par voir trop de post sur les rôlistes (personnes jouant au jeu de rôle) qui avaient trop de projets et ne s’y retrouvaient plus. Je ne tiens plus en place, j’écris mon 1er article et décide de le publier en 2-3 jours. Bien sur, je promet la suite rapidement.

J’ai mis 5 mois à le faire ! Mais quelle satisfaction de le faire à mon rythme et sans me mettre la  pression ! A quoi pourrais donc bien servir un article bâclé ?

Il est plus facile de dire que l’on va faire quelque chose, que de le faire. Cela peut demander des efforts, du temps et pourtant, lorsque l’objectif est atteint, on ressent une certaine satisfaction. Je suis convaincue que le Bonheur reste un élément majeur dans la réussite de tout ce que nous entreprenons.

 

« La réussite, c’est obtenir ce que l’on veut. Le bonheur, c’est apprécier ce que l’on obtient. » (Brown, H. Jackson)

 

En écoutant Jean Doridot, nous serions codés génétiquement pour ne voir que les problèmes par instincts de survie. Il n’est donc pas anormal de voir le côté négatif des choses, ce qui n’engendre de fait, aucune émotion positive. Cela requiert un réel effort pour constater ce qui se passe bien. Des études montreraient que la gratitude contribue fortement au bonheur et de fait, à votre santé (et voici enfin une source fiable !).

 

« La gratitude est la reconnaissance que nous exprimons envers une personne ou une situation qui nous apporte quelque chose. »

Bien évidemment, cela ne vous empêchera pas de râler ou de pester contre le bocal de légume qui refuse de s’ouvrir, mais être reconnaissant crée un cercle vertueux.

 

C’est en écoutant la vidéo constat de Major Mouvement sur ces résolutions que j’ai découvert la notion de « Formule du Bonheur » de Mo Gawdat. L’explication simpliste qu’il donne, appliquée à la pluie, a suffit à raviver des souvenirs de mon enfance. Comme les fois ou l’on ramassait les feuilles dans la propriété de mon grand-père, juste pour pouvoir se jeter dedans et les lancer en l’air (pas trop loin sinon il fallait recommencer).

 

Trouver une alternative aux bonnes résolutions

Il y a 2 ans environ, je passais par le rond point de l’étoile comme d’habitude pour me rendre au travail. C’est en voyant les nombreuses feuilles colorées par terre que je constate tout à coup que nos vies en manque cruellement. Nos vies manquent de couleurs.

Ni une, ni deux, je rassemble un petit tas assez haut avec mes bottines et décide de faire ce que je désire ardemment faire depuis des semaines : donner un bon coup de pied dans le tas et faire voler les feuilles comme au bon vieux temps.

Si j’ai pu passée pour une folle auprès des passants, certains m’ont sourit avec sincérité. Faire voler les feuilles, c’était reprendre le contrôle sur ce qui me faisais du bien. Cela m’a rendu heureuse et j’ai suivi sans aucun regret mon envie.

Cependant, ce qui marche pour moi, ne marchera peut-être pas pour vous. C’est pourquoi j’ai listé plusieurs idées pour trouver une alternative aux bonnes résolutions.

Et ce soir, j’ai trouvé une pépite dans la dernière vidéo de Dans ton corps sur les bonnes résolutions que je vous laisse apprécier ci-dessous.

La méthode SMART

Et puisqu’on parle de « trucs qui sont faisables », je suis tombée sur le post de Hélène Ly sur Linkedin et qui a été le déclencheur de cet article. Pour ceux qui ne la connaissent pas, Hélène prend la parole régulièrement sur les problèmes de recrutement en donnant des pistes et conseils pour les entreprises comme les candidats.

Elle non plus de prend pas de résolutions, c’est ce qui m’interpelle. A la place, elle utilise la méthode SMART qui consiste à définir des objectifs et indicateurs : Spécifiques, Mesurables, Acceptables, Réalistes, et Temporellement définis.

Spécifique: l’objectif doit être simple, clair et sans ambiguïté
Mesurable: il doit être quantifiable
Atteignable: il doit être ambitieux mais tenir compte de votre niveau et de vos ressources
Réaliste: il doit être défini comme ce que vous pouvez faire et non ce que vous rêvez de faire (et il doit rester pertinent)
Temporellement défini: avec une limite de temps pour éviter de repousser l’échéance.

 

Ne prendre qu’une résolution, celle d’être reconnaissant-e

 

Et si vous tentiez l’aventure d’une seule résolution ? Celle de tenir à un journal de gratitude pour apprendre doucement à valoriser ce qui est positif dans votre vie.

Le fait d’écrire est déjà un exercice utile, mais aussi sain pour l’esprit. Reconnaitre et dire merci permet d’apprécier les petits plaisirs quotidiens, les grandes victoires en les fixant durablement sur le papier comme dans nos mémoires.

D’autres préféreront suivre une autre tradition qui consiste à placer dans une boite, autant de cartes que de jours dans l’année (parfois divisé par deux pour qu’une page puis contenir deux jours) et y inscrire chaque année, le meilleur moment de leurs journées, ou un petit point positif qui s’est produit.

Cet exercice là, requiert plus de suivi, mais permet quant à lui, de raviver des souvenirs et de constater la vie bien remplie que l’on peut déjà avoir mener d’une année sur l’autre.

 

Suivez vos envies en vous lançant des défis

Je ne suis pas parfaite mais je ne prends plus de résolutions.

A la place, je préfère me lancer des petits défis quotidiens ou hebdomadaires, cela revient à dire que je m’invite à entrer dans une forme de jeu ou le plus important c’est d’essayer. Le principe de base réside dans le fait que je ne suis en compétition avec personne, je n’ai de compte à rendre à personne et le seul gain que je pourrais en retirer c’est la satisfaction que j’aurais acquise si je réussis mon défi.

L’utilisation de la méthode SMART vous sera toujours utile même si elle n’est pas toujours nécessaire. Voici un exemple de défi que je me lance assez souvent : « Cette semaine, je me met au défi de tester une nouvelle recette de cuisine ».

Le tout est de ne pas surchargez la mule. Suivre vos envies : Oui. Mais avec parcimonie. Choisissez 2 à 4 petits défis par semaine environ. Avec les semaines, vous pourrez ajuster selon votre humeur (plus ou moins).

Voici quelques idées que j’ai déjà pu éprouver :

+ Faire une nouvelle recette de cuisine
+ Lire un chapitre d’un livre que je n’ose pas lire depuis longtemps
+ Aller me balader dehors et prendre (5-10 photos comme souvenirs)
+ Réparer le câble d’alimentation de l’aspirateur
+ Plier et ranger mes vêtements en deux soirées
+ Ecrire un article sur un coup de tête
+ Ecrire une lettre pour dire a quelqu’un tout le bien qu’on pense d’elle
+ Repensez à des souvenirs d’enfances ou j’ai été heureuse
+ Tester le combat Gaulois
+ Ouvrir un cahier des choses que j’aimerais tester ou faire un jour
+ Aller voir une exposition toute seule
+ Etc.

N’oubliez pas qu’un défi ne requiert aucune obligation de réussite ou d’accomplissement. Imaginez que vous êtes dans une sorte de bêta-test ou vous suivez vos envies pour tester ce que vous aimez ou vous n’aimez pas, ce qui vous rends heureu-x-se. 

Si vous vous rendez compte que le défi ne s’aligne pas avec votre envie, ou que vous n’êtes plus motivé par une autre envie, c’est peut-être le signe qu’il faut rafraîchir la liste de vos défis.

J’essaie de tenir chaque mois un petit débrief de ce que je n’ai pas finaliser pour jeter ce qui ne m’intéresse finalement pas, garder dans un coin ce qui m’intéresse mais que je garde pour plus tard et choisir mes défis du mois suivant.

Ma méthode est clairement perfectible, mais c’est celle là qui satisfait le mieux ma curiosité, mon besoin de changement et mon enfant intérieur (à qui j’essaie de faire faire un parcours tout en douceur).

Le mot de la fin ?

Lorsque j’ai commencé ce nouvel article, j’avais l’ambition qu’il puisse offrir un maximum de ressources aux autres en étant le plus synthétique et le plus professionnel. Cela ne me ressemblait pas, et plutôt que de le publier à la hâte, j’ai décidé de souffler un grand coup et de reprendre tout ce qui n’était pas moi et la, juste sur cette phrase, je ressens le bonheur mais aussi de la fierté. Celle de suivre mon envie et de rester authentique, mais aussi celle d’avoir réussi mon petit défi. =)

C’est là tout le bonheur que je vous souhaite : trouver quelque chose qui vous fait du bien et vous fait sourire.

J’espère que ce nouvel article aura pu vous apporter quelques pistes, n’hésitez pas à nous faire des retours, c’est un cadeau précieux. 😉

Et voici mon petit cadeau pour commencer l’année, je vous recommande cette super vidéo de Serge Maquis pour apprendre à ralentir : On est foutu, on pense trop !

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Écrit par Kinayla

Rôliste passionnée, toujours à la recherche d'informations pour aider à s'organiser et se faire plaisir, en association comme les pieds sous la table

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