Affinity Publisher : Témoignages #2

 On ne le dira jamais assez, le visuel dans un jeu est important. Les polices, les interlignes, les dessins, la disposition, autant d’éléments qu’il faut réfléchir et apprendre au fur et à mesure. On est allé chercher plein de témoignage lors d’un précédent article sur Affinity Publisher, en voici deux nouveaux.


Quand je démarre un logiciel, j’ai tendance à chercher les témoignages de gens, les vidéos d’explications et c’est souvent un point qui aide dans la prise en main du logiciel. Mais lorsqu’on parle Jeu de Rôle, cela diffère parfois un peu des projets et logiciels traditionnels. J’ai donc demandé à plusieurs personnes de venir témoigner sur leurs expériences avant et pendant l’utilisation de Affinity Publisher, saupoudré de conseils et ce, rien que pour vous.

Merci à eux de m’avoir accordé du temps pour parler de leurs relations avec le logiciel mais aussi vous montrez quelques exemples de de travaux de mise en page.

 

Laurent Gartner :

Dans l’association, nous avions deux options : soit nous nous tournions vers un logiciel libre comme Scribus, soit nous cassions la tirelire pour louer à prix fort une Creative Suite… Si beaucoup de membres sont des fidèles du logiciel libre, Scribus reste un logiciel avec beaucoup de manques et dont les fonctionnalités ne sont pas toujours évidentes. Fin 2019, j’ai testé la version d’essai de Affinity Designer pour retravailler nos fiches de personnages amateurs de Doctor Who RPG… et… ben, nous avons très vite cassé la tirelire pour acquérir toute la suite !

Retrouvez-le sur le site de Aux portes de l’imaginaire : https://portes-imaginaire.org/ 

 

 

 

 

1 – Ou trouver des exemples de mises en pages, des ressources pour apprendre ?

Alors, les ressources pour apprendre, je reste sur les mêmes conseils que les précédents, les vidéos tutoriels du site et la documentation. Si vous connaissez déjà un autre logiciel de mise en page, vous devriez vite trouver vos petits (par contre, j’avoue que c’est plus difficile de basculer vers Photos ou Designer). Je connaissais les vieilles versions de In Design (jusqu’à la CS2), la découverte de Publisher a été assez triviale.

 

 

2 – Quelles sont les bonnes pratiques, ce qu’il faut garder à l’esprit quand on utilise Affinity Publisher ?

Les bonnes pratiques classiques de la PAO : gérer ses modèles de pages, gérer ses styles, gérer ses calques et leur donner des noms cohérents. Les fonctionnalités d’éditions de styles de textes et caractères sont très accessibles tout en restant complètes. Comme dans tous les bons logiciels de PAO, les enchaîner pour surcharger un réglage est possible. Il ne faut pas négliger ces points sinon, comme tout logiciel professionnel, vous ne gagnerez absolument pas en temps.

 

Donc, pensez vos calques, pensez vos modèles, pensez vos styles, organisez-les, nommez-les.

 

Aussi, ce n’est pas un traitement de texte, mais un logiciel de PAO ! N’oubliez pas de travailler le texte dans un autre logiciel, à bien nommer vos styles en cohérence entre l’un et l’autre (niveaux de titres …) et plop !!! Magique, tout arrivera exactement là où il faut, vous n’aurez plus qu’à gérer quelques tailles de zones de texte ou revoir des placements d’images.

 

3 – Quels conseils donnerais-tu pour les débutants sur ce logiciel ?

Bidouillez ! Et essayez ! La version gratuite est complète, elle vous permettra de réaliser si vous vous sentez à l’aise avec l’outil ou non. Lancez-vous déjà sur un projet simple de quelques pages pour lequel vous avez déjà produit une mise en page basique sur un autre logiciel.

 

Si vous utilisiez InDesign, vous pouvez aussi facilement exporter vos ficher avec le format .idml qui est pris en charge dans Affinity Designer.

 

 

4- Quels sont selon les écueils à éviter, les choses ou erreurs qu’il faut éviter de faire ?

Bien organiser les zones de textes entre elles sur un document multi-pages et les lier toutes entre elles si vous souhaitez utiliser un sommaire automatique. Une mauvaise surprise sur le kit de découverte de Bubblegumshoe où mes titres se retrouvaient à la fin du sommaire automatique ! Les titres sont dans des zones de textes indépendantes des zones « paragraphes », les zones paragraphes étaient liées entre elles sur un même chapitre… résultat : rien n’était dans l’ordre ! Alors, réfléchissez bien à l’organisation du texte, à prendre en compte les sauts en fin de style pour des titres si vous devez placer le texte dans la zone suivante … une fois les zones de textes bien liées entre elles, cliquez sur « sommaire » et admirez la magie !

 

 

Gaël Sacré :

J’ai publié mon premier jeu de rôle en utilisant OpenOffice et j’en ai rapidement vu les limites, c’est pourquoi je suis passé sur Scribus qui est la solution gratuite la plus complète à ma connaissance. Il m’a fallu beaucoup de temps pour l’apprivoiser car il est peu intuitif et peu ergonomique. J’avais envie de passer sur InDesign, quand j’ai appris l’existence d’Affinity Publisher. J’ai fait la période de test gratuite et je l’ai très rapidement adopté. Ayant une expérience de photographe, je suis familier avec Photoshop. Affinity Publisher est le mix idéal pour moi entre un traitement de texte et un logiciel de retouches d’image. Depuis, je réalise toutes mes mises en page sur Publisher et j’apprends continuellement de nouvelles choses.

Retrouver le sur Itch.io : https://willox.itch.io/

Ou son site web : http://covenether.squarespace.com/jeux-de-role

 

 

 

1 – Ou trouver des exemples de mises en pages, des ressources pour apprendre ?

J’avoue que je suis un très mauvais élève. J’aime expérimenter sur le tas en cliquant sur tous les boutons et voir ce que ça donne. J’ai suivi quelques tutoriels au début sur le site d’Affinity pour comprendre les bases et ensuite je tâche surtout de me faire plaisir – et de temps en temps je regarde des tutoriaux sur le web sous forme d’articles ou de vidéos pour apprendre à faire quelque chose de spécifique dont j’ai besoin.

Pour les exemples de mise en page, je puise à la fois dans mes nombreuses lectures de jeu de rôle – notamment beaucoup sur itch.io qui fourmille d’idées – et à la fois complètement ailleurs dans des bouquins d’autres domaines, voire des dans la publicité. En fonction de la thématique et de l’atmosphère de son jeu, on peut se faire plaisir en allant s’inspirer d’esthétiques vues ailleurs que dans le jeu de rôle – par exemple s’inspirer de catalogues de prêt-à-porter pour faire un jeu de rôle sur la haute couture, ou encore un ancien ouvrage d’histoire pour un jeu historique.

 

 

2 – Quelles sont les bonnes pratiques, ce qu’il faut garder à l’esprit quand on utilise Affinity Publisher ?

Avant de mettre les mains dans le cambouis, je pense qu’il est important de bien réfléchir au format de son jeu, car c’est ce qui va déterminer énormément de choses : la taille du document, la taille des polices, les couleurs, la qualité des images etc. On ne fera pas la même mise en page pour un jeu prévu uniquement en PDF d’une vingtaine de pages en couleur qui sera lu sur écran d’ordinateur que pour un jeu de 300 pages qui est prévu pour être imprimé en grand format et en intérieur noir & blanc. J’ai trop souvent mis en page des jeux pour me rendre compte à l’arrivée que ça me limitait dans mes options pour le diffuser – ou que je n’avais pas prévu une taille de police assez grande. A présent, je prends bien le temps de réfléchir en amont à la façon dont mon jeu sera diffusé pour que ma mise en page soit adaptée et ne pas se retrouver à devoir tout adapter, ce qui prends souvent beaucoup de temps car on a travaille page par page, et qu’un simple changement de taille de police peut obliger à tout revoir. Une bonne pratique en ce sens, c’est, quand c’est possible, d’exporter ou d’imprimer des versions tests assez tôt pour se rendre compte de ce que ça donne dans le contexte d’usage et de dimension réelle de l’ouvrage.

 

En parlant de format, pensez également à l’accessibilité : votre jeu pourra être très chouette pour beaucoup mais se retrouver illisible ou désagréable à lire pour certain·e·s. Pensez à la taille et à la lisibilité de vos polices et à bien aérer les textes et les images. Par exemple il existe des polices conçues spécialement pour les personnes dyslexiques. Si vous tenez à une mise en page chiadée, pensez au minimum à fournir une version alternative en texte simple (type traitement de texte) – c’est d’autant plus facile à faire en format numérique !

 

 

 

3 – Quels conseils donnerais-tu pour les débutants sur ce logiciel ?

Mon conseil premier c’est de se faire plaisir avant tout. Ce que j’adore avec ce logiciel, c’est qu’on peut glisser-déposer tout ce qu’on veut (textes, images, éléments graphiques…) et les disposer sur sa page comme on le souhaite. Ce sont des feuilles blanches illimitées que l’on peut remplir à loisir. Avant de passer aux choses sérieuses, je commence très souvent par expérimenter plein de choses et les disposer de différentes manières. Ma mise en page finale est souvent bien différente à l’arrivée, mais cette sorte de brainstorming visuel m’aide énormément à donner le ton et le style de ma mise en page – et parfois même m’inspire beaucoup quand il s’agit de créer mon propre jeu. Et oui, on peut commencer à travailler sur la mise en page bien avant que le jeu soit terminé !

 

 

4- Quels sont selon les écueils à éviter, les choses ou erreurs qu’il faut éviter de faire ?

C’est important de se faire plaisir, et en ce sens je pense qu’il est important de se former le plus tôt possible sur tout ce qui peut faire gagner un temps précieux. Je pense en particulier :

 

  • aux calques qui permettent de gérer tous les éléments d’une page, gérer leur superposition et créer des effets de transparence
  • aux styles de texte qui permettent en un clic de changer par exemple la police ou la taille de tous les paragraphes d’une seule traite, au lieu de devoir le faire à la main (c’est aussi très utile pour créer un sommaire!)
  • aux maquettes qui permettent de créer des éléments graphiques qui pourront se retrouver exactement pareil sur plusieurs pages et qu’on peut ainsi changer en une seule fois également,
  • aux guides qui sont des lignes qu’on fait apparaître pour nous aider à aligner correctement les éléments des pages et bien délimiter les marges de sécurité (utile pour aérer la mise en page mais aussi très important quand il s’agit d’impression).

 

Tous ces outils de base permettent à la fois d’automatiser des changements (au lieu de tout changer à la main élément par élément), d’assurer une cohérence graphique de l’ensemble de l’ouvrage et à l’arrivée de se concentrer davantage sur sa créativité.

 

 

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Un commentaire

  1. Merci pour ces témoignages ! j’ai acheté Affinity publisher récemment quand il était en promo. Je compte l’utiliser pour faire un ebook mais également pour les visuels de mes réseaux sociaux. Bon je n’ai pas encore commencé à l’utiliser car je crois que les polices qu’une amie m’a créée sont incomplètes, il manque l’italique et le gras, du coup je suis un peu bloqué.
    En tout cas de bons conseils ! Je reviendrais sur l’article quand j’aurai besoin.

    Tu l’as utilisé pour Cats, la Mascarade ? 🙂

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