Le Vent sur la Frontière. Emeric Cloche

Eden et Champitom ont eu le plaisir d’interviewer le talentueux Emeric Cloche, pour parler de son nouveau scénario : Le vent sur la Frontière. Suite au succès de son premier scénario l’Arbre Coeur, Emeric Cloche réitère l’expérience pour une nouvelle campagne de financement participatif jusqu’au 4 novembre 2021.

Le vent sur la Frontière

Emeric Cloche

éditions Fondu au Noir

Emeric Cloche l’écrivain

Emeric Cloche est un magicien aux multiples pouvoirs. D’abord, il est capable d’écrire des articles ou de faire des conférences sur le polar, mais il est surtout éditeur au sein de son association Fondu au Noir (née le 21 juin 2007). Avec cette association, il publie un magazine, L’Indic (depuis 2008), qui traite de polars. Mais il est également capable de faire jaillir de son esprit des scénarios de jeu de rôle, qui suscitent l’enthousiasme d’une foule en délire. Pour toutes ces aventures, il est accompagné de son associée méthodique et subtile : Caroline de Benedetti. Suite au succès de L’Arbre Coeur, il se lance maintenant dans un nouveau défi participatif, au sein d’un univers frisquet au nom évocateur : Le vent sur la frontière.

Comment, allez-vous me dire, un conférencier sur le Polar décide-t-il de tourner une partie de son activité vers l’écriture de Jeu de Rôle ? La passion, bien sûr ! C’est en 1987 qu’Emeric découvre et devient un féru de Jeu de Rôle. Aillant plusieurs tables de jeux à son actif, il ose franchir le pas vers l’édition de scénarios écrits de sa main, pour le plaisir des novices mais aussi des plus mordu.e.s de Jeu de Rôle.

Emeric : « Depuis quelques temps, comme on est joueurs, nous on joue, on a décidé d’éditer des scénarios de Jeu de Rôle. (…) Moi je suis principalement maître du jeu, même si je suis parfois joueur, j’aime bien jouer. On joue des scénarios du commerce comme des scénarios que je crée moi même. J’ai beaucoup de créations derrière moi et du coup on s’est dit qu’on pouvait en faire quelque chose. »

 

Synopsis

C’est au cœur de l’hiver, dans une région prisonnière des glaces,de la neige et du vent, que commence l’histoire. Les futur.e.s aventurier.e.s vont arriver dans la ville de Pic en Glace, qui autrefois faisait fortune avec l’extraction de la poudre noire pour alimenter les armes à fumée (troublons, mousquets etc.). Mais cette poudre a par la suite été interdite par la guilde des mages, qui ne voulait pas souffrir de cette concurrence. C’est donc une ville fantôme plongée dans une prohibition qui va accueillir les aventurier.e.s. Mais iels ne seront pas au bout de leurs peines, iels devront tirer encore plus au nord pour arriver à un lieu appelé Fort Belanzo. Pour y faire quoi ? Pour y rencontrer qui ? Vous croyez vraiment que je vais vous le dire ? Pour répondre à ces questions, rendez-vous sur la campagne Ulule, il reste encore quelques jours. Voici un timer pour vous aider : 

 

 

Ce scénario peut se jouer de deux façons : en one shot ou sous la forme d’une mini campagne de deux sessions, suivant les tables de jeux et le temps que vous avez devant vous. Il est adapté pour les règles du célèbre D&D 5ème édition. Mais si le ou la MJ veut l’adapter à d’autres règles, iel reste libre, cela impliquera simplement un peu plus de travail, non sans intérêt. Enfin, Le vent sur la frontière peut être joué avec des débutant.e.s comme des confirmé.e.s. C’est sûrement le scénario qu’il vous faut pour devenir amoureux.se du Jeu de Rôle.

Emeric : « Comme l’indiquent les illustrations de Rakham le Roux, il va faire froid. Ça va se passer dans le vent, dans la neige. Le vent sur la frontière, il y a un indice : il y a du vent et il y a une frontière. »

Les muses d’Emeric

La musique : inspiration maîtresse.

Le vent sur la frontière est né de la rencontre de diverses sources d’inspirations. Ancien disquaire, Emeric a une relation très particulière avec la musique. Elle l’accompagne durant ses parties de Jeu de Rôle. Elle est là pour personnifier un personnage ou accentuer une tension, une action. Elle est là pour sublimer la partie, car elle est rare mais toujours à point nommé. La musique est utilisée comme un générique de film, un repère temporel : elle annonce la fin de la vie de tous les jours et le début du jeu. C’est une performance assez complexe (les MJ TMTC), mais motivante.

Emeric : « Il y a des idées de scénarios qui naissent de chansons. Il y a clairement des idées de scénarios entiers qui sortent d’une chanson de Dylan. »

Nous parlons de musique, mais de quel style est-il question ici ? Quel est le genre de musique qui habite Emeric Cloche ? Eden a enquêté sur L’Arbre Coeur et a découvert des références à l’univers rock/métal. Cette investigation de nécessité publique s’est révélée payante, car acculé devant les évidences, Emeric a dû nous avouer que oui, il aime le METAAAAL ! Est-ce que ce n’est pas trop cool ? Soyons tout de même honnêtes, le métal est un genre qui l’inspire mais il n’est pas le seul. La musique classique, les chansons de Francis Cabrel ou de Bob Dylan s’invitent à la fête. Un mélange de références musicales de choix dans la marmite ne peut donner qu’une potion magique. Et ça donne Le vent sur la frontière.

 

NB. Petit tips d’Emeric : La musique est un outil formidable. Cependant il faut faire attention à bien la doser car elle peut sortir les joueur.se.s de la partie. Une musique qui évoque des souvenirs personnels à l’un ou l’une des joueur.se.s, une musique qui invite au karaoké peuvent casser l’effet escompté. Être maitre.sse de jeu c’est déjà une grosse charge, il ne faut pas se rajouter trop d’actions à faire en même temps, pour ne pas perdre pied.

Emeric : « Pendant le générique, les joueur.se.s se concentrent sur leur personnage. Moi, derrière mon paravent, j’organise mes notes. Et ensuite on commence à jouer. (…) Ce morceau de générique ça nous permet de passer de la vie de tous les jours, on s’est retrouvé, on a bien discuté, on est content au jeu. (…) Il y a des fois des scènes si incroyables et fortes que certains s’étaient levés de leur chaise, d’autres avaient attrapé quelque chose sur la table. On s’était tous regardé et on a éclaté de rire. Là on a fait une pause. »

 

L’hiver : une saison envoûtante

L’ambiance a également une influence sur le scénario. L’hiver, le froid, le vent sont des éléments de décor pour plonger les joueur.se.s dans un univers hostile et captivant. Les saisons sont également des puits d’inspiration pour Emeric. Il y puise une eau à température variée, qui s’étale sur des paysages dignes d’un western glacial.

Emeric : « J’aime les ambiances des saisons. Je trouve que ça pose le contexte. En quelques mots évocateurs, on peut poser rapidement une ambiance quand on parle de la saison. (…) Là, pour Le vent sur la frontière on va avoir une ambiance d’hiver, une ambiance d’hiver RUDE. »

 

Un crochet bien envoyé

Enfin Emeric nous a confié que le squelette de cette aventure est arrivé un jour de grand vent sur la ville de Nantes  (on dirait le début d’une chanson française). Revenant d’un entraînement de boxe particulièrement virulent, pris dans la tempête, l’histoire l’a percuté. Moralité : il y a des coups qu’on prend sans hésiter.

Emeric : « Je rentrais le soir tard d’un entraînement de boxe française. Il y avait énormément de vent. La séance a été particulièrement difficile. Les derniers assauts, j’avais eu énormément de mal. J’avais la tête qui résonnait. Et l’idée m’a percuté. Alors la magie des idées et des champs de forces qui font que les idées naissent ? Ça vient probablement de mes lectures, des films et des discussions que j’ai eues. »

 

Une œuvre à plusieurs mains.

Emeric nous a aussi livré quelques secrets de fabrication. La création de ce scénario est un travail collectif. Si l’écriture et la conception est d’Emeric, le scénario ne serait pas là en tant que tel sans l’intervention de plusieurs personnes.

 

Caroline de Benedetti, la main dans l’ombre.

Son associée de Fondu au Noir, Caroline de Benedetti, est sa relectrice. Elle est celle qui lui fait préciser, couper, réécrire des passages. Elle est aussi celle qui aide à concevoir le scénario fini avec le rendu de qualité.

Emeric : « Caroline de Benedetti va faire tout ce qui est relecture, mise en page avec les dessins de Rackham le Roux. Il y a un très gros travail qui est fait par Caroline, qui va me dire « Là ce que tu dis, n’est pas compréhensible. Là ce que tu dis, tu l’as répété, là ce que tu dis tu ne l’as pas assez répété. Car il faut répéter des choses pour que les gens se le mettent bien dans la tête. » (…) Donc il faut qu’il y ait son intervention pour que le scénario soit accessible au plus grand nombre. »

 

Rackham le Roux la main arabesque

Ce scénario n’est pas seulement fait de pages blanches tachées de noir. Il est aussi illlustré, grâce à une collaboration avec Rackham le Roux. Cela permet de donner plus de corps au scénario, afin de le sublimer et faire rêver les futur.e.s joueur.se.s.

Emeric : « L’illustration se fait après l’écriture du scénario. Pour Le vent sur la frontière, comme c’était notre deuxième collaboration, j’ai pensé à sa manière d’illustrer pour m’aider à mieux structurer mes lieux, mes décors, mes ambiances. (…) En plus, l’avantage c’est que, par hasard, il se trouve qu’il est Nantais lui aussi. Donc nous pouvons nous retrouver pour parler des illustrations.  »

 

Imprimerie sur place

Emeric aime travailler en équipe, et si cette équipe peut être à proximité, c’est encore mieux. Il travaille donc avec une imprimerie Nantaise depuis des années. Pourquoi ce choix ? Tout d’abord pour une raison éthique, mais aussi parce que c’est bien pratique de travailler directement avec l’imprimeur.se.

Emeric : « Souvent les gens nous demandent si ce n’est pas plus cher de travailler avec un imprimeur local plutôt qu’en Chine, en Lituanie. Ça coûte peut-être un petit peu plus cher oui. Mais c’est extrêmement pratique. Ça permet de corriger des choses au dernier moment. Ça permet de se voir pour discuter de la qualité du papier. (…) Pour des raisons éthiques ou morales, on préfère travailler avec des personnes autour de nous, qui vont faire vivre le tissu local. Qui vont payer leurs impôts en France. »

Plus que quelques jours avant la fin de la campagne

Le tirage du scénario sera très proche du nombre de commandes sur Ulule, c’est pourquoi il vous reste encore un peu de temps pour vous le procurer (fin de la campagne le 4 novembre 2021 11h59).

 

Le ressenti d’Éden

 

Je suis déjà fan de l’Arbre-cœur. J’attends donc avec impatience Le vent sur la frontière ! J’ai eu la chance d’être présent·e à l’interview d’Émeric mené par Chamitom, et elle était très intéressante. Émeric est d’une grande gentillesse, et nous aimons encore plus s’intéresser quand nous échangeons avec des personnes agréables.

Sans trop nous spoiler, Émeric a réussi à nous donner des détails à nous faire rêver. Personnellement, ce sont aussi les références qu’il utilise qui me permettent encore plus de me projeter et me donner envie, j’espère que ses références vous immergeront autant.

 

Conclusion

Nous avons passé avec Emeric Cloche une grosse heure à discuter de son scénario mais aussi plus généralement de Jeu de Rôle. Nous avons partagé nos expériences, nos émotions et même nos coups de gueules. Si cela n’est pas une preuve que le Jeu de Rôle permet des rencontres qui ont toujours une touche magique ! Cette interview a illuminé notre journée et nous espérons que cet article vous aura convaincu d’aller découvrir son œuvre.

 

Auteurs

  • Champitom, team un ans après la chute de l’URSS, mi champignon mi humain qui rêve de devenir trop de choses en même temps.

  • Éden, team année 98, écrivain.e en herbe, prête-plume et surtout rôliste dans l’âme. Je fais beaucoup trop de choses, notamment donner de l’amour à tous celles et ceux qui m’entourent.

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